En un peu plus de dix ans, les pays d’Afrique francophone ont connu une mutation qui les a sortis de régimes à parti unique et les a engagés dans un processus de retour vers des régimes démocratiques ou ce qui peut y ressembler. L’impératif démocratique, avec ses défis, s’est superposé sur celui, ancien mais toujours d’actualité, du développement. Les brèves remarques qui suivent ont pour objectif d’esquisser une interprétation qui fasse ressortir le lien entre la démocratie - entendue comme « espace institutionnel de reconnaissance mutuelle des idées et des intérêts » - et le développement durable, pris au sens que lui ont donné les Nations unies, c’est-à-dire un développement économiquement viable (satisfaction des besoins d’une génération), socialement équitable (dans une solidarité horizontale) et écologiquement reproductible (dans une solidarité verticale, i.e. intergénérationnelle). L’hypothèse que nous entendons soutenir est que le besoin de mettre en place et de renforcer les institutions démocratiques ne fait pas concurrence à celui du développement, y compris dans sa version durable. L’un rétro-alimente l’autre, et vice versa. D’une part, parce que la démocratie est une méthode plus qu’une fin qui permet à la société qui l’adopte de délibérer sur des meilleures solutions qui organisent la vie de tous pour que chacun puisse s’épanouir dans la liberté la plus grande. D’autre part, parce que le développement durable, imaginé comme une construction collective, appelle à l’amélioration du bien-être, tant à l’échelle de l’individu qu’à celle de la société.
Brice GUIGRE
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