Indignation, célébration des criminels c’est ce que suscite le défilé des troupes des anciennes colonies françaises pour ce 14 juillet. De Paris à Brazzaville en passant par Cotonou, la participation de soldats africains au traditionnel créé la controverse. Treize des 14 anciennes colonies africaines de la France conviées à célébrer sur les Champs-Élysées le cinquantenaire de leur indépendance* ont répondu présent. Au grand dam des défenseurs des droits de l’Homme qui soupçonnent la présence, dans certains contingents, de militaires accusés de crimes de guerre. La Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme (FIDH) a demandé, mardi, aux autorités françaises de publier la liste des délégations présentes aux célébrations afin de vérifier qu'elles ne comprennent pas de criminels. Dans une lettre ouverte adressée le 12 juillet au président Nicolas Sarkozy, l’organisation s’est dit "gravement préoccupée par le fait que les délégations de certains pays [...] puissent comprendre des personnes responsables de graves violations des droits de l'Homme." La semaine dernière, un collectif d'ONG françaises et africaines avait alerté l’Élysée de la possible présence d'un général du Congo-Brazzaville, Noël Léonard Essongo, ancien membre des milices "cobra" soupçonné de crimes pendant la guerre civile de 1997 dans son pays. La contestation est aussi interne. L’opposition fustige une résurgence de la Françafrique. "On est retombé dans la politique des réseaux, dans l'affichage des connivences", s’est insurgé François Hollande, député socialiste de Corrèze. Ce qui est grave, c'est que la politique africaine est prise en main totalement par l'entourage du président". Après la démission du secrétaire d'État à la Coopération, Alain Joyandet, "c'est Claude Guéant [secrétaire général de l'Élysée] qui devient le ministre de l'Afrique", a-t-il ironisé. A Paris, on soutient vouloir souder les liens avec les pays africains. À l’issue du déjeuner, le locataire de l’Élysée a annoncé l'alignement des pensions de quelque 30 000 anciens combattants résidant à l'étranger, quelle que soit leur nationalité." Dans un arrêté du 28 mai dernier, le Conseil constitutionnel avait validé le principe selon lequel le montant des pensions versées aux anciens combattants français et étrangers résidant hors de l'Hexagone devait être égal. Au nombre des pays participants au défilé du 14 juillet, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo-Brazzaville, le Gabon, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad, et le Togo. Seule la Côte d’Ivoire a décidé de ne pas prendre part à cette cérémonie. Abidjan réclame, l’éclaircissement de plusieurs problèmes avec Paris.
Williams AKIRE
williams.akire@djibi.tv
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