Les quinze experts du panel arrivés, dimanche dernier à Abidjan, dans le cadre de l’évaluation du processus électoral, ont validé hier avec les différentes parties, la feuille de route à laquelle obéira leur travail. La Majorité présidentielle (LPM) et le camp Alassane Dramane Ouattara, ont donné leur accord à la feuille de route qui s’articule autour de dix points essentiels. Il s’agit pour les experts venus de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, du Burkina Faso, du Tchad, de la Mauritanie, de la CEDEAO et de l’Union africaine (UA) de rencontrer séparément et autant de fois que nécessaire tous les acteurs, en particulier les candidats et leurs équipes, la commission électorale indépendante (les commissaires LMP et RHDP), le Représentant spécial des Nations Unies, le conseil constitutionnel, la société informatique de localisation et de sécurité (SILS) ; d’identifier clairement le processus électoral et les niveaux de responsabilité hiérarchiques des institutions impliquées, tels que définis par la Constitution, les lois, les règlements, les résolutions de l’ONU et les accords.
Les experts vont également évaluer toutes les étapes du processus électoral entre autres : le désarmement, l’établissement de la liste électorale, la campagne électorale et l’accès aux médias, la sécurisation du processus électoral et la liberté de vote, la proclamation des résultats y compris l’obtention des procès verbaux de délibération de la commission centrale de la CEI, l’investiture et la prestation de serment. Ils examineront de façon particulière le problème de la certification des Nations Unies en déterminant le contenu de la certification, le niveau hiérarchique de la certification des Nations Unies par rapport à la loi électorale et à la constitution, la validité de son application par le Représentant spécial des Nations Unies, la constance dans la mise en œuvre du mode opératoire de la certification lors de l’élection présidentielle. Au 5ème point de ladite feuille de route, les experts passeront en revue les rapports de tous les observateurs accrédités par la CEI. Ils rencontreront si possible ces observateurs afin de mieux apprécier leurs conclusions. Des rencontres sont prévues avec les victimes des exactions survenues durant l’élection et les experts entendront leurs témoignages. Le 7ème point de la feuille de route sera l’occasion pour les experts d’obtenir de l’institution chargée de les détenir, les bulletins de vote, les listes d’émargement et les procès verbaux des bureaux de vote par région et identifier les irrégularités contenues dans ces documents (CEI, conseil constitutionnel, SILS) ; obtenir également les listes des représentants des candidats dans les bureaux de vote, les listes des membres des bureaux de vote produits par l’administration aux fins de vérification des mentions sur les procès verbaux. Enfin, les experts vont compter les bulletins de vote en prenant en compte les irrégularités retenues par le conseil constitutionnel. Avant de conclure leur travail d’évaluation en Côte d’Ivoire dont ils transmettront les conclusions au panel des cinq chefs d’Etat mandatés par l’UA. Qui proposeront, au vu de ce travail, des solutions de sortie de crise à leur mandant, l’organisation panafricaine.
Théoriquement, le travail des experts du panel qui a démarré hier, prendra fin mercredi dans la soirée. Dès jeudi matin, l’équipe s’envolera pour Addis-Abeba en Ethiopie où se trouve le siège de l’UA.
source: Notre voie
Didier Depry
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