C’est avec joie que les manifestants tunisiens ont accueilli l’annonce de la démission de Mohammed Ghannouchi. En effet le Premier ministre de transition en Tunisie Mohammed Ghannouchi a démissionné hier dimanche 27 Février 2011 sous la pression de la rue, après 48 heures de contestations et de violences qui ont fait au moins cinq morts à Tunis, seulement un mois et demi après la chute du président Zine El Abidine Ben Ali. "J'ai décidé de démissionner de ma fonction de Premier ministre. (...) Je ne serai pas le Premier ministre de la répression", a déclaré M. Ghannouchi qui, lors d'une conférence de presse, a mis en garde contre "un complot" tramé contre "la révolution". Le nouveau chef du gouvernement est Béji Caïd Essebsi. Il a occupé plusieurs postes ministériels, notamment le ministère de la Défense et des Affaires étrangères sous l’ère de l’ancien président de Habib Bourguiba. Il aura la lourde charge de mener le pays jusqu'aux élections prévues avant la mi-juillet 2011. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton a souhaité que le nouveau gouvernement conduise une "transition rapide et en douceur" mais la puissante centrale syndicale tunisienne a regretté une nomination "rapide et sans consultation" qui constitue une "surprise". M. Caïd Essebsi "est connu pour son patriotisme, sa fidélité et son abnégation au service de la patrie", a indiqué le président par intérim Foued Mebazaa, qui a rendu hommage au démissionnaire pour avoir "servi la Tunisie dans les circonstances délicates" qui ont suivi la chute du président Ben Ali. Soulignons que les heurts se sont rapidement arrêtés dès que la nouvelle de la démission du Premier ministre a été connue.
Elodie ADOU
elodie.adou@djibi.tv
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